Le Fonds vert de l’ONU, un engagement financier contre le réchauffement climatique

La rencontre du G20 s’est clôturée dimanche dernier sur une note d’optimisme. Les chefs d’Etat des 20 premières économies de la planète (représentant 85% des richesses mondiales, soit 90% du PIB) ont promis des engagements ” efficaces ”  pour le climat et ont appelé à financer le fonds vert de l’ONU.

On l’avait quasiment oublié et pourtant il est ressorti des cartons où il avait été méticuleusement enfermé. Depuis quelques semaines, un fonds multilatéral a refait son apparition à la une des différents médias : le fonds climatique vert. Né en 2009 à la suite de la COP 15 à Copenhague et institué à Cancun un an plus tard, ce mécanisme financier créé par l’ONU et rattaché à la Convention Cadre des Nations Unies est dirigé par un conseil de 24 pays riches et en développement.
Le Secrétaire général des Nations Unis Ban Ki-moon a réussi à relancer l'intérêt à l'égard du fonds vert pour le climat. Ici en septembre dernier avec le Premier ministre italien Matteo Renzi. ©Gouvernement italien

Le Secrétaire général des Nations Unis Ban Ki-moon a réussi à relancer l’intérêt à l’égard du fonds vert pour le climat. Ici en septembre dernier avec le Premier ministre italien Matteo Renzi. ©Gouvernement italien

Piloté depuis la Corée du Sud (lieu de son siège), le fonds vert a vu le jour à la suite d’un constat judicieux reconnu par le Secrétaire général de L’ONU Ban Ki-Moon. Les grands émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil, La Russie et même l’Iran sont aujourd’hui, les têtes de liste parmi les pays les plus émetteurs de dioxyde de carbone (CO2). L’ONU, par le biais du fonds vert, veut aider les pays les plus pauvres à se tourner, dès à présent, vers une économie à faible croissance en CO2 sans pour autant ralentir leur développement. De plus, l’ONU veut promouvoir des projets pour protéger les populations des effets désastreux liés aux changements climatiques, comme les sécheresses prolongées qui accentuent l’insécurité alimentaire ou l’augmentation du niveau de la mer, un risque pour les Etats insulaires (les Maldives).

Voici des extraits du texte original adopté en 2009 :

Il faudrait offrir des incitations aux pays en développement, en particulier à ceux qui ont une économie peu polluante, pour qu’ils conservent un mode de développement à faibles émissions.

Le financement de l’adaptation sera destiné en priorité aux pays en développement les plus vulnérables, dont les pays les moins avancés, les petits États insulaires en développement et les pays d’Afrique.

Nous décidons qu’il est constitué un Fonds vert de Copenhague pour le climat, en tant qu’entité chargée d’assurer le fonctionnement du mécanisme financier de la Convention, en vue de soutenir dans les pays en développement des projets, des programmes, des politiques et d’autres activités…

L’ONU avait vu les choses en grand, en plus d’avoir réussi à convaincre les pays d’attribuer à ce mécanisme de financement 15 milliards de dollars pour les trois prochaines années et 100 milliards de dollars d’ici 2020; elle avait fait du fonds vert pour le climat un élément important dans la lutte contre le réchauffement climatique. Or, malgré une idée louable, l’incertitude planait sur cet instrument qu’on peut aisément qualifier de symbolique (en tout cas à ses débuts). Probablement, la marche était trop haute pour les pays industrialisés à l’économie en crise. En conséquence, les afflux de financement du fonds vert ont été inférieurs à l’espoir véhiculé autour de ce mécanisme.

À la rentrée 2014, ce fonds n’avait récolté que 2-3 milliards. De quoi s’interroger, une fois encore, de la réelle envie des Etats à s’impliquer oui ou non dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le Secrétaire général de l’ONU n’a pas pour autant baissé les bras et a revu les chiffres de la participation à la baisse, il attend à présent 10 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.

Les pays prêts à mettre la main à la poche ?

Un philosophe français et académicien a dit : « pour les hommes, rien ne dure ni la nuit étoilée,  ni les malheurs ni la richesse* ». Je commence à croire qu’il en sera de même dans la lutte contre le climat. Certains d’entre vous verront de ma part de l’optimisme (un Français optimiste, vous avez déjà vu ça vous ?), néanmoins, force est de constater que le regard des puissants vis-à-vis du réchauffement climatique est en train de changer. 

Pour preuve, les Etats-Unis et la Chine, les deux pays les plus pollueurs de la planète sont parvenus à un accord « historique ». Barack Obama et son homologue chinois XI Jinping se sont fixés des engagements pour lutter contre le réchauffement climatique. À présent, l’Empire du Milieu a comme objectif de s’engager sur ses pics d’émissions de gaz à effet de serre alors que les Etats-Unis veulent diminuer de 26-28% leurs émissions d’ici 2025.

“ Nous sommes la première génération impactée par le changement climatique, et la dernière génération qui peut changer les choses… ” Barack Obama

Outre cette nouvelle, les uns après les autres, les pays industrialisés ont annoncé financer le fonds vert de l’ONU. L’Allemagne et la France s’y sont même engagées à l’avance. Dès la fin du mois de septembre, à la suite du sommet pour le climat, le président de la République française François Hollande a annoncé que la France va débloquer la somme d’un milliard de dollars (environ 776 millions d‘euros) pour le fonds vert. L’Allemagne a promis la même enveloppe, l’Italie un petit peu moins. Plus récemment, le Japon et les Etats-Unis vont contribuer à leur tour à cet engagement climatique à hauteur (respectivement) de 1,5 milliard de dollars et 2 milliards de dollars.

La France s'est engagée à verser 1 milliard de dollars pour le fonds vert. © @franceonu

La France s’est engagée à verser 1 milliard de dollars pour le fonds vert. © @franceonu

On a tous été déçu des échecs consécutifs des conférences sur le climat. Lima et Paris accueilleront successivement en 2014 et 2015 les deux prochaines conférences des parties. Le terrain actuel semble propice au dialogue et aux actes comme le démontre la dernière réunion du G20 et le regain d’intérêt timide des pays industrialisés à l’égard du fonds vert. Chaque pays semble enfin prendre conscience du risque climatique et peut-être arriverons-nous à tenir la promesse qui a été faite cinq ans plus tôt à Copenhague ? Si les plus septiques d’entre vous appelleront une nouvelle fois à la prudence, moi, cette fois-ci, j’ai envie d’y croire.

* Je vous laisse deviner l’auteur curieux que vous êtes 😉

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One response to “Le Fonds vert de l’ONU, un engagement financier contre le réchauffement climatique

  1. Reblogged this on raimanet and commented:
    voire le financement du terrorisme international voire le blanchiment de l’ argent sale de la CIA et de leurs amis les élus “ricains” tout est possible ! dans leur monde de merde …

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